Brèves de rue… Métro station Beautreillis

 

Métro Beautreillis 1

 

Et si vous, habitants de la rue, ou de celles d’à côté, alliez prendre votre métro au bout de la rue, côté Saint-Antoine, à la station Beautreillis, plutôt que de tracer un bon bout de chemin vers Saint-Paul ou Bastille ? Cela aurait pu être possible… En tout cas, le dossier a été plaidé et défendu il y a plus de cent ans.

Cinq ans après la mise en service de la ligne 1, Henri Galli, alors conseiller du 4e arrondissement, soumet au Conseil municipal de la Ville de Paris le 19 novembre 1905[1] la proposition de créer une nouvelle station sur cette ligne, à hauteur de la rue Beautreillis. Continuer à lire … « Brèves de rue… Métro station Beautreillis »

Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (1)

25-29 Beautreillis 1 - image 1

Les habitants du quartier et les personnes qui le fréquentent ont sans doute remarqué la particularité de la rue du Petit-Musc ou de la rue de Lesdiguières qui, à leur débouché sur la rue Saint-Antoine, ont hérité de leur origine ancienne une largeur si étroite que le passage des véhicules en devient difficile. Mais peu savent que jusqu’au début du XXe siècle, il en était de même pour la rue Beautreillis et que trois de ses vieilles maisons et une de la rue Saint-Antoine sont alors tombées pour élargir son ouverture et sacrifier au principe de l’alignement.

Pour reprendre un ouvrage contemporain[1], on entend par alignement « un tracé indiquant par des lignes géométriques la limite qui sépare le domaine de la voie publique des propriétés riveraines ». Continuer à lire … « Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (1) »

Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers (2ème partie)

Louvier 2 image 1

 

« … et l’on verra alors qui a trahi la vérité du Moniteur ou de notre correspondant ».

Ce correspondant que Le Constitutionnel sort de sa manche pour l’opposer à la version de l’incident que les autorités font propager sans commentaire ni critique par l’ensemble des autres journaux, ce correspondant n’est autre que l’une des victimes, M. Hiolle père. Le 1er juillet, depuis son lit d’hôpital, il fait parvenir au rédacteur du Constitutionnel une lettre où il expose sa version des faits qui se sont déroulés sur l’île Louviers huit jours plus tôt, le 24 juin 1826.

Continuer à lire … « Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers (2ème partie) »

Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers.

Louvier 1 - image 1 Le 24 juin 1826, un grave incident met aux prises sur l’île Louviers un habitant de la rue Beautreillis, M. Hiolle, et un factionnaire de garde qui fait feu sur lui et son fils, les blessant tous les deux. Les journaux rendent compte de l’affaire selon leur sensibilité et leur orientation, lui conférant une certaine dimension politique, et cela malgré une liberté de la presse sous contrôle. A travers le récit de ce fait divers particulier, c’est aussi, en suivant des fils tenus, tenter de reconstituer une vie anonyme brièvement éclairée, celle de M. Hiolle, dans l’environnement économique et social du quartier tel qu’il était au début du XIXe siècle.

L’île interdite.

Lieu de l’incident, l’île Louviers est une île disparue de Paris qui occupait l’espace actuel compris entre le boulevard Morland et le quai Henri IV.

Continuer à lire … « Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers. »

Histoires de rue… Ou comment la rue Beautreillis faillit disparaître.

Le boulevard Henri IV et sa trajectoire ont été pensés par le baron Haussmann comme le prolongement sur la rive droite du boulevard Saint-Germain. Le pont Sully, lancé entre les deux rives, devait joindre les deux axes à travers l’extrémité orientale de l’Île Saint-Louis.

Le prix à payer pour le quartier de l’Arsenal sera la destruction de l’ancien couvent des Célestins, d’une partie des rues de La Cerisaie, Castex, de Lesdiguières et Jacques Cœur et de nombre d’hôtels anciens et de maisons.

Ce projet, comme d’autres parmi les nouvelles percées et les destructions menées par Haussmann dans sa transformation de Paris, suscita débats et oppositions. Certains proposèrent des alternatives qui, si elles procédaient du même esprit visant à créer de grandes avenues au travers du bâti ancien et confiné, auraient pu offrir une autre physionomie de la ville actuelle si elles avaient été mises en œuvre.

C’est ainsi qu’un nommé Denis de Hansy soutient en 1861 une proposition de tracé différent de celui projeté pour le futur boulevard Henri IV qui, si elle avait été retenue, aurait littéralement éventré la rue Beautreillis.

Continuer à lire … « Histoires de rue… Ou comment la rue Beautreillis faillit disparaître. »

Histoires de numéros… Quand 1 = 9, et 13 = rien

Jusqu’en 1838, la rue Beautreillis débutait au carrefour de la rue Charles V pour se terminer rue Saint-Antoine. La partie sud, plus ancienne[1] et aboutissant rue des Lions-Saint-Paul, était dénommée rue du Pistolet, du nom d’une enseigne, mais aussi et finalement rue Gérard Beauquet[2], nom d’un particulier, peut-être un acquéreur ou l’héritier d’un acquéreur d’une des parcelles mises en vente lors de l’aliénation des terrains du domaine royal de Saint-Paul[3].

Gustave Pessard, au tout début du XXe siècle, nous dit qu’on pouvait voir « à l’angle de la rue des Lions-Saint-Paul et de cette rue, une plaque murale : Gérard Beauquet ». Continuer à lire … « Histoires de numéros… Quand 1 = 9, et 13 = rien »

Histoires de rue… Brève histoire de la rue Beautreillis jusqu’au début du XIXe siècle.

L’idée de ce blog est de construire une histoire de la rue Beautreillis comme si on voulait essayer de rebâtir un vieux mur effondré il y a longtemps. Sur le champ sont dispersées des pierres. Les plus grosses, les mieux taillées ont déjà été remontées et l’histoire de la rue, celle de son illustre origine et de ses plus anciennes maisons, est connue. Notre ambition sera donc de nous occuper des petites pierres et des fragments restés au sol pour tenter de les remettre à leur place entre les belles pierres du vieux mur.

Mais en guise d’amorce, il est utile de présenter en premier lieu, même sommairement, la rue Beautreillis en nous servant notamment des notices du dictionnaires de Félix et Louis Lazare, publié en 1855[1] et de celui de Jacques Hillairet, paru pour sa première édition en 1960[2], ainsi que de l’ouvrage de M. Lefeuve sur les anciennes maisons de Paris[3].

Continuer à lire … « Histoires de rue… Brève histoire de la rue Beautreillis jusqu’au début du XIXe siècle. »