Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (fin)

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Le 27 rue Beautreillis, avant sa démolition (Bib. Ville de Paris)

Charbon et vins au n° 27

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les agents du cadastre, au cours de leurs passages, décrivent de la sorte l’immeuble du 27 rue Beautreillis[1] : « Cette propriété a son entrée par une porte d’allée. Elle consiste en un corps de logis sur rue, simple en profondeur », élevé sur caves doubles et voûtées en pierres, « d’un rez-de-chaussée, quatre étages carrés et le cinquième formant grenier. Construction en mauvais état, en moellons et pans de bois, desservie par un escalier peu facile ». Étroit, avec ses 8 mètres de façade à croisée unique sur 4 mètres de profondeur, l’immeuble se partage entre une boutique et de « très petites locations ». Jouxtant le côté gauche, une partie basse d’un niveau, « édifiée sur caves », est partagée avec la maison voisine[2].

Les travaux de restauration des façades et la reconstruction partielle des maisons des 25, 27 et 29 rue Beautreillis au début des années 1870[3] ont permis notamment la transformation des greniers en étages mansardés. La couverture de la maison est restée en tuiles. Au début du XXe siècle, les trois immeubles ne sont pas reliés à l’égout et la vidange du n° 27 se fait dans une fosse « commune avec les deux propriétés voisines ». « Au 5e étage, un couloir desservant l’immeuble [du n°] 29 pénètre dans les combles et dessert un WC appartenant au 29 ». « Le gaz n’existe que dans la boutique », où se trouve « le seul poste d’eau », mitoyen avec le n° 25. L’architecte-voyer note à cette époque que la « construction est en médiocre état et [que] l’entretien en est très négligé ».

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Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (3)

image 1 Appelé au nom de la Commission du Vieux Paris qu’il préside à donner un avis sur la prochaine démolition des maisons situées 25, 27 et 29 rue Beautreillis, l’archiviste et historien de Paris Lucien Lambeau rend à la municipalité un rapport sommaire et un jugement sans appel[1]. « Au point de vue architectural, ces immeubles, quoique fort anciens, n’offrent que peu d’intérêt, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur » écrit-il. Comme il est alors la règle dans le cas de  démolitions de bâtiments anciens, il propose que des reproductions photographiques soient faites, et donne même des indications précises pour la prise de vue. Ainsi « la haute et étroite façade » du n° 29 rue Beautreillis, « qui, sur la rue Saint-Antoine, porte le n° 45 […] devrait être prise de façon à obtenir l’immeuble dans toute sa hauteur sur la rue Saint-Antoine, depuis le rez-de-chaussée, encore muni d’une grille ancienne de marchand de vin, jusqu’au toit à pignon pointu ». C’est grâce à ces photographies qu’aujourd’hui nous conservons l’image de cette partie de la rue disparue au début du XXe siècle.

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Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (2)

 

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Entrée de la rue Beautreillis, rue Saint-Antoine. Vue du n° 29, démoli en 1907 (voir notes )

En 1877, le Préfet de la Seine, Ferdinand Duval, dont une rue du 4e arrondissement honore aujourd’hui le nom, est destinataire d’une pétition[1] de « propriétaires d’immeubles situés rue Beautreillis ». Le sujet est « l’entrée de cette voie publique, du côté de la rue Saint-Antoine, [qui] n’a qu’une largeur totale de 4,10m, dont 1,25 m pour les deux trottoirs et 2,85 m pour la chaussée ». L’étranglement signalé « se prolonge sur une distance de 30,40 m. Il en résulte des dangers pour le passage des piétons ainsi qu’une extrême difficulté pour la circulation et le déchargement des voitures […] Un des résultats de ce déplorable état de chose, poursuivent les pétitionnaires, est la dépréciation progressive des immeubles qui bordent la rue et dont quelques-uns présentent une grande importance superficielle. Ils ont en effet à subir la concurrence des spacieux boulevards ouverts actuellement, et bien qu’ils aient fourni leurs contributions dans les ressources municipales, il ne leur a point été jusqu’à présent attribué une part proportionnelle dans les reliquats disponibles de ces ressources. » Continuer à lire … « Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (2) »

Brèves de rue… Métro station Beautreillis

 

Métro Beautreillis 1

 

Et si vous, habitants de la rue, ou de celles d’à côté, alliez prendre votre métro au bout de la rue, côté Saint-Antoine, à la station Beautreillis, plutôt que de tracer un bon bout de chemin vers Saint-Paul ou Bastille ? Cela aurait pu être possible… En tout cas, le dossier a été plaidé et défendu il y a plus de cent ans.

Cinq ans après la mise en service de la ligne 1, Henri Galli, alors conseiller du 4e arrondissement, soumet au Conseil municipal de la Ville de Paris le 19 novembre 1905[1] la proposition de créer une nouvelle station sur cette ligne, à hauteur de la rue Beautreillis. Continuer à lire … « Brèves de rue… Métro station Beautreillis »

Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (1)

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Les habitants du quartier et les personnes qui le fréquentent ont sans doute remarqué la particularité de la rue du Petit-Musc ou de la rue de Lesdiguières qui, à leur débouché sur la rue Saint-Antoine, ont hérité de leur origine ancienne une largeur si étroite que le passage des véhicules en devient difficile. Mais peu savent que jusqu’au début du XXe siècle, il en était de même pour la rue Beautreillis et que trois de ses vieilles maisons et une de la rue Saint-Antoine sont alors tombées pour élargir son ouverture et sacrifier au principe de l’alignement.

Pour reprendre un ouvrage contemporain[1], on entend par alignement « un tracé indiquant par des lignes géométriques la limite qui sépare le domaine de la voie publique des propriétés riveraines ». Continuer à lire … « Histoires de rue… L’alignement de la rue Beautreillis (1) »

Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers (2ème partie)

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« … et l’on verra alors qui a trahi la vérité du Moniteur ou de notre correspondant ».

Ce correspondant que Le Constitutionnel sort de sa manche pour l’opposer à la version de l’incident que les autorités font propager sans commentaire ni critique par l’ensemble des autres journaux, ce correspondant n’est autre que l’une des victimes, M. Hiolle père. Le 1er juillet, depuis son lit d’hôpital, il fait parvenir au rédacteur du Constitutionnel une lettre où il expose sa version des faits qui se sont déroulés sur l’île Louviers huit jours plus tôt, le 24 juin 1826.

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Histoires de quartier… Bavure policière sur l’île Louviers.

Louvier 1 - image 1 Le 24 juin 1826, un grave incident met aux prises sur l’île Louviers un habitant de la rue Beautreillis, M. Hiolle, et un factionnaire de garde qui fait feu sur lui et son fils, les blessant tous les deux. Les journaux rendent compte de l’affaire selon leur sensibilité et leur orientation, lui conférant une certaine dimension politique, et cela malgré une liberté de la presse sous contrôle. A travers le récit de ce fait divers particulier, c’est aussi, en suivant des fils ténus, tenter de reconstituer une vie anonyme brièvement éclairée, celle de M. Hiolle, dans l’environnement économique et social du quartier tel qu’il était au début du XIXe siècle.

L’île interdite.

Lieu de l’incident, l’île Louviers est une île disparue de Paris qui occupait l’espace actuel compris entre le boulevard Morland et le quai Henri IV.

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